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Endométriose digestive, SII ou SIBO : comment faire la différence

12 oct.
5 min de lecture

Tu as mal au ventre depuis des mois. Tu es gonflée dès le milieu de journée, ton transit change sans prévenir, et certains jours aller aux toilettes fait vraiment mal. Ta coloscopie est normale, ta prise de sang aussi. On finit par te dire que c'est « un intestin irritable », qu'il faut gérer le stress, et tu repars sans vraie réponse.

Ce scénario, je l'entends très souvent en consultation. Et derrière ces symptômes digestifs, il peut y avoir trois choses différentes, parfois plusieurs à la fois : un syndrome de l'intestin irritable, une pullulation bactérienne de l'intestin grêle (le SIBO), ou une endométriose qui touche le tube digestif. Les trois se ressemblent beaucoup. Voici comment les distinguer, et surtout quels examens demander pour ne pas tourner en rond.


Pourquoi ces trois situations se ressemblent autant

Ballonnements, douleurs abdominales, alternance de diarrhée et de constipation, inconfort après les repas : ces signes sont communs aux trois. Ils peuvent aussi varier avec le cycle, car les hormones influencent la sensibilité de l'intestin chez toutes les femmes, avec ou sans endométriose.

Résultat, il est fréquent de recevoir un diagnostic d'intestin irritable alors qu'une endométriose n'a jamais été recherchée. En France, il faut encore en moyenne plusieurs années pour diagnostiquer une endométriose. Et les situations peuvent coexister : avoir une endométriose n'empêche pas d'avoir aussi un intestin irritable ou un SIBO.


Ce qui oriente vers une endométriose digestive

L'endométriose, c'est la présence de tissu proche de celui de l'utérus en dehors de l'utérus. Quand elle atteint l'intestin, le plus souvent le rectum ou le côlon sigmoïde, elle peut donner :

  • des douleurs en allant à la selle, surtout pendant les règles ;

  • une diarrhée ou une constipation qui s'aggravent nettement autour des règles ;

  • des règles très douloureuses, des douleurs pendant les rapports ;

  • plus rarement, du sang dans les selles pendant les règles ;

  • un ventre très gonflé, parfois au point de changer de taille dans la journée.

Un point souvent mal connu : quand les lésions sont installées, la douleur n'est pas forcément cyclique. Elle peut devenir présente tout le mois, ce qui brouille les pistes et fait penser à un simple trouble digestif.


Ce qui oriente vers un intestin irritable

Le syndrome de l'intestin irritable se définit par des douleurs abdominales qui reviennent au moins un jour par semaine depuis plusieurs mois, liées aux selles : elles changent avec la fréquence ou l'aspect des selles, et sont souvent soulagées après être allée aux toilettes. Le stress, le manque de sommeil et certains aliments riches en sucres fermentescibles les aggravent souvent.

C'est un trouble fréquent et bien réel, mais c'est un diagnostic qui ne doit être posé qu'après avoir écarté les autres causes. Si on te l'a donné sans jamais parler d'endométriose alors que tes règles sont douloureuses, la question mérite d'être reposée.


Ce qui oriente vers un SIBO

Le SIBO correspond à une quantité trop importante de bactéries dans l'intestin grêle, la partie de l'intestin où elles devraient être peu nombreuses. Les signes typiques :

  • un ballonnement qui arrive vite après les repas, parfois dans l'heure ;

  • beaucoup de gaz, des rots, une sensation de ventre tendu ;

  • une diarrhée, ou au contraire une constipation marquée quand ce sont des micro-organismes producteurs de méthane qui dominent ;

  • une aggravation avec les fibres, les légumineuses ou certains fruits.

Le SIBO est souvent secondaire : un transit ralenti, une acidité de l'estomac diminuée, certains traitements ou une chirurgie abdominale le favorisent.


Les examens à demander

C'est là que tout se joue, parce que chaque situation se recherche avec des examens différents.

Pour l'endométriose : une échographie endovaginale et une IRM pelvienne, idéalement réalisées par un radiologue formé à l'endométriose. Ce détail compte énormément : un examen fait par quelqu'un qui ne cherche pas spécifiquement ces lésions peut passer à côté. Et une coloscopie normale n'élimine pas une endométriose digestive, car les lésions se développent le plus souvent depuis l'extérieur de l'intestin et atteignent rarement sa paroi interne, celle que voit la coloscopie.

Pour le SIBO : un test respiratoire au glucose ou au lactulose, qui mesure l'hydrogène et le méthane expirés après avoir bu une solution sucrée. C'est l'examen de référence, même s'il a ses limites et doit être interprété avec tes symptômes.

Pour l'intestin irritable : il n'existe pas d'examen qui le prouve. Le diagnostic repose sur les symptômes, après avoir écarté le reste avec ton médecin.


Quand consulter sans attendre

Certains signes ne relèvent pas de l'attente ni d'une approche naturelle seule. Consulte ton médecin rapidement si tu as du sang dans les selles en dehors des règles, une perte de poids que tu n'expliques pas, de la fièvre, des douleurs qui te réveillent la nuit, une anémie, ou des troubles digestifs qui apparaissent après 50 ans, surtout s'il y a des cancers digestifs dans ta famille.


Une astuce simple avant ton rendez-vous

Tiens un carnet pendant deux ou trois cycles. Note chaque jour ton jour de cycle, tes douleurs de 0 à 10, l'aspect de tes selles, tes ballonnements et ce que tu as mangé. C'est le document le plus utile que tu puisses apporter à ton médecin ou à ton gynécologue : il montre en un coup d'œil si tes symptômes suivent ton cycle, tes repas, ou les deux.7


Ce que la naturopathie peut apporter, en complément

Je ne pose pas de diagnostic et je ne remplace jamais le suivi médical. Mais une fois les examens faits, il reste souvent beaucoup à faire au quotidien, et c'est là que j'interviens :

  • adapter l'alimentation à ce qui se passe vraiment chez toi, par exemple une réduction temporaire des aliments les plus fermentescibles quand les ballonnements dominent, puis une réintroduction progressive pour ne pas appauvrir ton alimentation ;

  • soutenir un transit régulier, sans tout miser sur les fibres quand elles aggravent les symptômes ;

  • regarder les carences fréquentes, notamment le fer quand les règles sont abondantes ;

  • travailler le stress et le sommeil, qui jouent directement sur la sensibilité de l'intestin ;

  • t'aider à comprendre ton traitement et à le suivre dans la durée.

Je ne te promettrai pas de faire disparaître une endométriose. Mais beaucoup de femmes vivent mieux avec leur ventre quand elles comprennent enfin ce qui se passe et ont un plan concret au quotidien.


Par où commencer

Si tu te reconnais dans cet article et que tu ne sais pas par où commencer, fais mon test gratuit. Il t'aide à voir ce qui pèse le plus chez toi entre la digestion, les hormones et la fatigue, et tu peux ensuite réserver un appel de 20 minutes pour qu'on en parle.

Et si tu vis avec une endométriose et que tu veux comprendre ce que tu peux mettre en place au quotidien, ma formation endométriose est disponible sur mon site.

Cet article est informatif et ne remplace pas une consultation médicale.

 
 
 

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